Goigs del Ous

Goigs del Ous

Cette tradition remonte au Moyen-âge. C'est un vieil hymne liturgique qui apparaît au XIIème siècle. En latin on disait "gaudia", pluriel de "gaudium" : joie. Le culte de la Vierge Marie amena à chanter les "gaudia beatae Maria Virginis" (les joies de la bienheureuse Vierge Marie).
Au XVIème siècle, les goigs deviennent alors une des manifestations les plus vives de la créativité populaire.
Jacint Verdaguer raconte que les bergers de Benda, il y a 500 ans, entendant, le samedi saint, l'alléluia du monastère de Sous, eurent envie de chanter... Levant les yeux, ils virent l'hermitage de Notre Dame del Monts (Nostra Senyora del Mont) et c'est ainsi que les goigs de cette Vierge leur vinrent tout naturellement aux lèvres. Ils allèrent alors de métairie en métairie offrir leur cantique... et c'est ainsi que naquirent les "goigs dels ous" (joie des oeufs).
Pouquoi l'oeuf?... L'oeuf est le symbole de la naissance, de la résurrection. Et puis pour remercier les chanteurs, on leur donnait des oeufs, parfois du boudin et du petit salé... Grace à ces trois ingrédients on pouvait confectionner l'omelette que l'on dégustait à Paques.

# Posté le mercredi 29 mars 2006 10:16

Modifié le samedi 23 juin 2007 15:28

L'Omelette de Paques

L'Omelette de Paques
1 peu d'huile
1 ou 2 tranches de Ventreche (lard frais)
1 saucisse sèche mais tendre
1 boudin noir
10 à 12 ½ufs
1 peu de sel
Mais aussi
Quelques asperges sauvages
Quelques petits artichauts jeunes et tendres


Faire revenir le lard, quand il commence à roussir ajouter la saucisse sèche coupée en rondelles, puis les pointes d'asperges sauvages, les c½urs d'artichauts émincés et, en dernier, les rondelles de boudin noir. Faire revenir le tout. Ajouter les ½ufs battus et salés. Faire cuire d'un côté, puis de l'autre.
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# Posté le mercredi 29 mars 2006 11:37

Modifié le samedi 23 juin 2007 15:28

Llevant de Taula

Dans le courant du repas, c'était le "Llevant de Taula".

Les caps de jouglas entraient dans la maison, saluaient les hôtes et leurs invités puis posaient au milieu de la table un plateau argenté couvert d'un napperon en dentelles et parfois décoré de rubans sang et or. Le maître de maison déposait généreusement un beau billet tout neuf sur le plateau, imité presque aussitôt par les adultes présents mais rarement par les jeunes gens qui réservaient leur pécule pour les bals de bouquets et les boissons consommées aux cafés.
En déposant le plateau sur la table, le cap de jougla demandait au maître de maison et à sa femme quel morceau de musique ils désiraient entendre. Le cap de jougla informait le musicien de la réponse donnée et ceux-ci exécutaient l'air demandé.
Avant la guerre de 40, c'est "la Marseillaise", "l'internationale", "le beau Danube bleu", "les saltimbanques", "le temps des cerises", "le plus beau de tous les tangos du monde" qui avaient la côte. Après la guerre, "le petit vin blanc" et "fleur de Paris" notamment vinrent s'ajouter aux airs plus anciens.
Avant la guerre de 14/18, afin d'inciter les fêtard à verser une obole substantielle, les caps de jougla déposaient au milieu du plateau une moitié de melon, tranche contre métal, de vrais Louis D'or étant encastrés dans la cosse du melon.
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# Posté le mercredi 29 mars 2006 12:28

La Semaine Sainte

La Semaine Sainte
Semaine Sainte


Tout ce qui touche au cérémonial des fêtes de la Semaine Sainte et de la Passion est prévu et réglé depuis des siècles, mais ce qui spécifiquement roussillonnais c'est essentiellement la couleur et l'atmosphère.

Tout ici est contrastes : contraste de joie d'un jour et de la brusque douleur du suivant, contraste entre les hymnes de gloire et d'enthousiasme et les cantiques de deuil : ombre et lumière. C'est la Semaine Sainte Roussillonnaise.

Passée l'éxubérance et l'allégresse de la bénédiction traditionnelle du Dimanche des Rameaux, vient le temps du deuil et du silence. Le temps aussi pour que, dans l'ombre des églises, chacun s'attache à préparer les trois jours clés de cette semaine : Mercredi, Jeudi et Vendredi Saints, trois journées consacrées à l'ultime martyr du Christ.

Toute ces cérémonies se résument et se retrouvent de la façon la plus spectaculaire, dans la procession du Vendredi Saint de Perpignan , mais également, à la lueur des flambeaux et des torches, dans les rues de Collioure et d'Arles-sur-Tech .

A peine tu, l'écho des derniers "goigs" du Miserere de douleur, le Roussillon s'apprête à fêter l'exaltation du matin de Pâques. Au son de mille cloches, d'autres processions vont dérouler, à leur tour, leur cérémonial devenu d'allégresse. Celle de la rencontre du Christ et de la Vierge au matin de la Résurrection.

Il ne saurait être de Semaine Sainte complète en Roussillon sans que le lundi de Pâques se passe dans un de ces hermitages où tout le peuple catalan réuni pour danser quelques-une des plus belles sardanes du Roussillon tandis que l'air se parfume des parfums de la cargolade et que coule sous l'or du soleil le vin doré des vignes et des coteaux .


Parmi la multitude des cérémonies rattachées à la Semaine Sainte et à ses rituels, c'est incontestablement le jour du Vendredi Saint que toutes les églises du Roussillon communient dans une même atmosphère de piété et expriment de la façon la plus spectaculaire leur sentiment de désolation. A Bouleternère, Collioure, Arles sur Tech, les processions nocturnes, le plus souvent éclairées aux flambeaux, en sont autant de témoignages d'autant plus émouvants, mais l'expression la plus extraordinaire de ce jour de martyre christique, c'est sans doute à Perpignan qu'elle se manifeste le plus magistralement.

Ce jour là, les portes de l'église Saint Jacques s'ouvrent pour laisser passer, encadré des régidors vêtus de leurs noirs caparutxes, le pénitent rouge. Au son d'une cloche de bronze qui jadis scanda le tragique parcours des condamnés à mort, c'est lui qui aujourd'hui rythme le long cortège des "mistéris", ces représentations en grandeur nature des différentes scènes de la Passion.

Au pas lent du Régidor, au roulement lugubre des tambours voilés de crêpe noir, vont se succéder tous les personnages des souffrances du golgotha :
Christs tragiques ou athlétiques, Vierges de Douleurs aux petits visages blêmes, aux traits tirés et au coeur transpercé de glaives.....C'est ici sans aucun doute que se dérole le plus émouvant cérémonial de procession de la Semaine Sainte que conserve la France : celle que les Confrères de la Sanch créérent en 1416 et dont le serment qu'ils firent alors de célébrer ce jour de souffrance tous les Vendredis Saints n'a jamais failli au cours des 500 ans de leur existence.


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Le voile (cagoule des pénitents) :
Il symbolise l'image du pêcheur couvrant son visage, mais aussi la mission ancienne des membres de l 4archiconfrérie d'assistance aux condamnés à mort. Dans le cortège qui menait le condamné au gibier, ils l'entouraient, s'habillaient comme lui et enfilaient une cagoule de manière à ce que, rendu anonyme, ce dernier ne soit pas lapidé par la foule.

Le pénitent rouge :
Placé en tête du cortège, il rythme la marche de celui-ci au son d'une cloche de bronze. IL précéde le premier "misteri" appelé "ecce homo" faisant référence à la phrase de Ponce Pilate pour désigner le condamné Jésus, et le buste reliquaire du Saint fondateur de cette cérémonie.

Le caparutxe :
S'emploie à la fois pour désigner le pénitent et son habit (sac). L' Archiconfrérie de la Sanch est une confrérie de pénitents noirs.
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# Posté le mercredi 29 mars 2006 12:32

Modifié le samedi 23 juin 2007 15:28

La Fete de l'Ours

La Fete de l'Ours
Chaque année, le premier dimanche après mardi gras, la commune de Prats-de-Mollo-La- Preste entre en ébullition.

La jeunesse locale se regroupe, les anciens révisent leurs pas de danses et les cafés font salles combles.

Rien que de très ordinaire en somme dans une telle période de festivités carnavalesquesLe monde entier honore Monsieur Carnaval, ici, la population fête l'ours. Et gare à celles qui se trouvent sur son chemin, le châtiment sera sans pitié.

La "Festa de l'Os" représente une véritable institution pour les pratéens.

Cette fête annuelle qui remonte à la nuit des temps, redonne vie à la cité médiévale, un peu assoupie au milieu de l'hiver.

Tous les habitants du village se mobilisent pour préparer les festivités, et ceux qui ont "émigré" pour trouver du travail reviennent vers la vallée sauvage, car pour rien au monde ils ne rateraient cet évènement si particulier.





Dans le haut-Vallespir, Prats de Mollo et certains villages du coin conservent une tradition typique qui attire de plus en plus de touristes de nos jours. L'idée est de jouer en une journée le passage de plusieurs villageois du statut d'ours au statut d'être humain civilisé. Cette tradition se déroule chaque année au printemps, et les acteurs sont particulièrement attentifs aux jeux à donner aux spectateurs.

Tout commence par l'élection de quatre ours. Quelques jours avant la fête, les jeunes du villages se réunissent dans la salle des fêtes du village pour tirer au sort les quatre personnes qui auront l'honneur de jouer le rôle des ours. La sélection se fait par tirage aléatoire et on imagine évidement la déception des nombreux jeunes qui devront attendre un an de plus avant de retenter leurs chances. L'age pousse bien sûr les moins jeunes vers la sortie, remplacé systématiquement par la jeune génération.

Le jour dit, les quatre ours sont réunis dans un coin du village et "préparés". La tenue est traditionnelle : peau de bête sur le dos simulant la bestialité, bonnet de fourrure et surtout cirage sur toutes les parties du corps à l'air : visage, bras. On les munit d'un long bâton également. A partir de ce moment, ils sont prêts et les quatre ours sont propulsés dans les rues du village accompagné des cris de chasseurs locaux et les tirs de leurs fusils (en l'air, bien sûr !)

Le jeu consiste pour les ours à faire le spectacle parmi la population. Toute la matinée, ils vont au devant des villageois, en particulier des jeunes filles, et les entraîne dans une danse ou le bâton va être passée de l'ours à la personne ciblée. La victime se doit de rentrer dans le jeu en acceptant également de faire le spectacle, la danse se terminant toujours par une embrassade forcée, se qui enduit la victime de cirage... Tout le jeu de la matinée consiste donc à recevoir (ou éviter !) le cirage sur les joues !

Vers la fin de la matinée, après avoir couru dans tout le village, les barbiers entrent en scène. Il s'agit d'une horde de villageois déguisé en blanc des pieds à la tête, armés de bâtons et de haches et qui ont pour but d'isoler les bêtes sur la place du village, les ligoter sur un siège pour pouvoir enfin les raser à l'aide des haches, simulant le passage de la bestialité à l'humanité.

La fête se termine dans l'allégresse autour de danses effrénées ou anciens ours, barbiers, villageois et touristes se mêlent.
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# Posté le mercredi 29 mars 2006 12:38

Modifié le samedi 23 juin 2007 15:28